Page:Saint-Amant - Œuvres complètes, Livet, 1855, volume 1.djvu/219

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Quand elle veut s’en habiller
On prendroit pour des pierreries,
Qui des drogues les plus cheries,
Dont l’odorat est amateur,
Auroient l’agreable senteur ;
Mais bien pour ce costeau de vigne
Qui seul est de ma muse digne,
Et que je veux si bien louer,
Que Bacchus le puisse advouer.
Ha ! brave baron de Sainct-Brice,
Pour honorer un tel caprice
Qui m’esveille la verve ainsi,
Que n’es-tu maintenant icy !
Nous boirions dedans ta calotte,
Et par quelque chanson falotte
Nous celebrerions la vertu
Qu’on tire de ce bois tortu.
Vray Gilot, roy de la debauche,
Mon cher amy, mon ϰουιλλον gauche,
Si tu te trouvois en ce lieu,
Ô ! comme, à l’honneur de ce dieu
Que l’on vit naistre d’une cuisse,
Tu chanterois en ton de Suisse,
Faisant d’une nape un turban,
Ton melodieux Pireban !
Toy de qui le nom effroyable
Feroit chier de peur le diable,
Grand et hardy Chassaingrimont,
Dont le seul regard nous semont
À l’agreable excès de boire ;
Toy qui, non sans cause, fais gloire,
Et crois en payer ton escot,
D’estre de la maison de Pot,
Belot, puissant demon de joye,
Qui par une secrette voye