Page:Saint-Just - Œuvres complètes, éd. Vellay, I, 1908.djvu/422

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V



SECOND DISCOURS CONCERNANT LE JUGEMENT DE LOUIS XVI




Cependant le procès du roi se poursuivait. Dans la séance du 27 décembre 1792, Saint-Just prit une seconde fois la parole sur le même sujet et prononça le discours suivant :

Quand le peuple était opprimé, ses défenseurs étaient proscrits : ô vous qui défendez celui que tout un peuple accuse, vous ne vous plaindrez pas de cette injustice ! Les rois persécutaient la vertu dans les ténèbres ; nous, nous jugeons les rois à la face de l’univers ! Nos délibérations sont publiques, pour qu’on ne nous accuse point de nous conduire sans ménagement. O vous, encore une fois, qui défendez Louis, vous défendez tous les Français contre le jugement que va porter le monde entier ! Peuple généreux jusqu’au dernier jour ! Il ne voulut point juger lui-même son ennemi ; il permit qu’on employât tout pour le convaincre qu’il se trompait, lors même que tant de familles portaient le deuil de leurs enfants, et que les meilleurs citoyens, par les suites de la trahison et de la tyrannie, étaient enterrés dans l’Argonne, dans tout l’empire, et dans Paris autour de vous !

Et cependant il faut encore qu’un peuple infortuné, qui brise ses fers et punit l’abus du pouvoir, se justifie de son