Page:Saint-Simon - Mémoires, Chéruel, Hachette, 1856, octavo, tome 6.djvu/244

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des gains qu’il avoit faits avec le roi, Bernard demeura inébranlable. Voilà le roi et le ministre cruellement embarrassés. Desmarets dit au roi que, tout bien examiné, il n’y avoit que Bernard qui pût le tirer d’affaire, parce qu’il n’étoit pas douteux qu’il n’eût les plus gros fonds et partout ; qu’il n’étoit question que de vaincre sa volonté, et l’opiniâtreté même insolente qu’il lui avoit montrée ; que c’étoit un homme fou de vanité, et capable d’ouvrir sa bourse si le roi daignoit le flatter. Dans la nécessité si pressante des affaires, le roi y consentit, et pour tenter ce secours avec moins d’indécence et sans risquer de refus, Desmarets proposa l’expédient que je viens de raconter. Bernard en fut la dupe ; il revint de la promenade du roi chez Desmarets tellement enchanté, que d’abordée il lui dit qu’il aimoit mieux risquer sa ruine que de laisser dans l’embarras un prince qui venoit de le combler, et dont il se mit à faire des éloges avec enthousiasme. Desmarets en profita sur-le-champ, et en tira beaucoup plus qu’il ne s’étoit proposé.


Mort, fortune et caractère de Mansart. — Place des bâtiments fort diminuée, et fort singulièrement donnée à d’Antin. — Mort ; état et caractère de La Frette. — Mort de Montgivrault ; son caractère, son état, et de son frère Le Haquois. — Mort de la jeune marquise de Bellefonds. — Mort, naissance, conduite, famille et caractère de la comtesse de Grammont.


Pendant ce même voyage [à Marly] Mansart mourut fort brusquement. Il étoit surintendant des bâtiments, et personnage sur lequel il faut s’arrêter un moment. C’étoit un