Page:Saint-Simon - Mémoires, Chéruel, Hachette, 1856, octavo, tome 6.djvu/84

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


campagne se passa donc de la sorte en Flandre. La fin ennuya M. de Vendôme ; il la voulut hâter, et il sépara son armée. Celle des ennemis demeura ensemble plus de huit jours après, et causa par là une grande inquiétude. Mais tout étoit bon de M. de Vendôme, tout permis. Il arriva à la cour, et il y fut reçu à merveilles.

Le maréchal de Villars passa le Rhin de bonne heure. Il eut affaire cette année au marquis de Bayreuth, qui commanda l’armée de l’empereur jusque vers la fin de septembre, que le duc d’Hanovre, depuis roi d’Angleterre, en vint prendre le commandement, et trouva le marquis parti, qui ne voulut pas l’attendre. Villars fit passer en même temps que lui Peri par l’île du Marquisat, Vivans par Lauterbourg, et Broglio plus bas, à Neubourg. Il n’y eut d’opposition nulle part, et cependant le maréchal marcha aux lignes de Bihel et de Stollhofen. Il n’y trouva personne. Tout avoit fui à son approche. Leurs tentes étoient demeurées tendues, et ils avoient abandonné presque tout leur bagage et beaucoup de canon sur les retranchements. Cela se passa le 23 mai, et Beaujeu en vint apporter la nouvelle. Le roi en fut aise, jusqu’à une sorte d’engouement. Dans la suite de la campagne Villars se rendit maître du château d’Heidelberg et de cette capitale de l’électeur palatin, de Mannheim et de tout le Palatinat. Profitant de la faiblesse des Impériaux, il se hâta de pénétrer en Allemagne avant qu’on se pût opposer à lui. Il entra en Franconie, se fit rendre par la ville d’Ulm d’Argelot, brigadier, et grand nombre d’autres prisonniers retenus là de la bataille d’Hochstedt, et tira d’ailleurs avec une facilité merveilleuse autres huit cents prisonniers d’Hochstedt, trente-cinq pièces de canon, et grande abondance de vivres et de munitions de guerre. En même temps, il n’oublia pas les contributions. Outre les sommes immenses qu’il avoit tirées du Palatinat et des pays de Bade et de Würtemberg, il poussa Broglio par la Franconie, Imécourt et La Vallière par l’autre côté du Danube. Il en eut des trésors