Page:Saint-Simon - Mémoires, Chéruel, Hachette, 1856, octavo, tome 6.djvu/99

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et le comte de Non arrivèrent avec de nouvelles troupes de Piémont, et Médavy en amena aussi du Dauphiné, et se tint à Saint-Maximin avec toute la cavalerie. Le 15 août le maréchal de Tessé attaqua, à la pointe du jour, les retranchements que les ennemis avoient vis-à-vis les nôtres de Sainte-Catherine sur d’autres hauteurs. Le maréchal étoit à la droite, Goesbriant au centre, Dillon à la gauche. Ils les emportèrent en trois quarts d’heure et n’y perdirent que quatre-vingts hommes. Ils leur en tuèrent quatorze cents, et les princes de Saxe-Gotha et de Würtemberg seulement blessés. Ils prirent un colonel et soixante officiers et trois cents soldats, enclouèrent tout leur canon, rasèrent leurs retranchements, et y demeurèrent quatorze heures sans que les ennemis fissent contenance de les venir attaquer. Le fort Saint-Louis fut enfin pris faute d’eau, mais le bombardement fit peu de mal à la ville. Des galiotes bombardèrent le port pendant vingt-quatre heures, et y brûlèrent deux vaisseaux de cinquante pièces de canon.

Après ces essois infructueux, l’arrivée de tant de troupes, et les nouvelles qu’il en accouroit tant d’autres de toutes parts, les ennemis jugèrent leur projet impossible à exécuter. Le retranchement de Sainte-Catherine ne leur parut pas pouvoir être forcé ; ils furent effrayés des travaux qui avoient été faits entre ces retranchements, et la ville. La maladie, la désertion, la disette même diminuoit considérablement leurs troupes de jour en jour ; enfin ils se résolurent à la retraite. Ils l’exécutèrent la nuit du 22 au 23 août, après avoir rembarqué presque tout leur canon, mais ils laissèrent beaucoup de bombes. M. de Savoie se retira en grand ordre, mais fort diligemment. Il fit lui-même l’arrière-garde de tout en repassant le Var, se mit en bataille derrière et fit rompre tous les ponts, puis marcha vers Coni. Tessé le suivit mollement, tardivement, avec peu de troupes, et Médavy de fort loin, parce qu’il étoit parti d’une grande distance. Les paysans assommèrent tout ce qu’ils trouvèrent