Page:Saint-Simon - Mémoires, Chéruel, Hachette, 1857, octavo, tome 15.djvu/447

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Naples ; qu’au reste elle n’étoit pas en état d’exercer présentement aucun acte d’hostilité, et que vraisemblablement les réponses de Vienne arriveroient avant que l’Espagne pût rien entreprendre. En même temps qu’Albéroni faisoit voir par ses réponses si peu de dispositions à la paix, il pressoit avec plus de diligence que jamais les préparatifs de guerre. Tous les officiers sans exception eurent ordre de se rendre à leurs corps. On disposa toutes les choses nécessaires pour l’embarquement de quatre régiments de dragons qui de Barcelone devoient être transportés en Sardaigne avec leurs chevaux. L’intendant de marine eut ordre de préparer à Barcelone les vivres nécessaires pour l’embarquement de vingt bataillons. On fit venir à Madrid le marquis de Lede et don Joseph Patiño, l’homme de confiance d’Albéroni, pour leur donner les ordres du roi d’Espagne. Tout étoit en mouvement pour la guerre, jusqu’à Riperda, encore ambassadeur de Hollande, qui promit d’engager au service d’Espagne quelques Hollandois, officiers généraux de mer dans le service de ses maîtres.




CHAPITRE XIX.


Menaces d’Albéroni sur le refus de ses bulles de Séville. — Il s’emporte contre le cardinal Albane. — Manèges d’Aldovrandi pour le servir et soi-même. — L’empereur s’oppose aux bulles de Séville ; accuse Albéroni de traiter avec les Turcs. — Acquaviva embarrasse le pape par une forte demande et très plausible. — Prétendues preuves de l’accusation contre Albéroni. — Secret et scélérat motif d’Albéroni pour la guerre. — Conduite de Cellamare en conséquence. — L’empereur consent à tous les points du traité de Londres. — Cellamare déclare que l’Espagne n’acceptera point le traité. — Le régent dépêche à Londres. — Manèges, inquiétudes,