Page:Samain - Œuvres, t2, 1921.djvu/219

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Il faut d’autres nectars à notre soif splendide.
Les chars sont attelés… et le monde livide
Va frissonner devant nos chevaux emportés !

Toute la terre à nous !… les pourpres militaires,
La gloire chevauchée entre les glaives nus,
La foi jaillie au cœur des peuples ingénus,
Les délirantes fleurs des soleils inconnus,
Et les grands bois du songe aux nerveuses panthères

Toute la terre à nous ! Le vin, l’encens, le miel,
Les vaisseaux d’or vidés sur les tables croulantes,
Les sanglots inouïs des cordes ruisselantes…
Toute la terre à nous ! ô nos lèvres brûlantes,
Qu’est-ce encor pour ceux-là qui boiraient tout un ciel ?

Nous sommes les coureurs d’aventures sublimes ;
Quand la fortune, un soir, nous tombe sous la main,
Nous la renversons, nue, au fossé du chemin ;