Page:Samain - Œuvres, t2, 1921.djvu/220

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Et, calme en ses mépris du plat bétail humain,
Notre orgueil magnifique absout nos larges crimes.

Nous respirons la flamme, et vivons des combats.
Le fer, le feu, le sang pleuvant en rouges gouttes,
Rien n’arrête, un seul jour, nos âmes sur leurs routes.
Notre foi cuirassée insulte aux mauvais doutes ;
Et quand le but ardent flambe à nos yeux, là-bas,

Ivres, les poings noués aux crins de la chimère,
Nous roulons des galops stridents et furibonds…
Et si, parfois, trop d’infini lasse nos bonds,
Alors, les reins cassés, un jour, nous retombons,
Et rien jamais n’est plus grand que notre misère !


Les guerriers

Nous sommes les condors dont le monde est la proie.
Nous allons dans le vent, les ongles étirés,