Page:Samain - Œuvres, t2, 1921.djvu/235

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Le soir, c’est derrière eux que le soleil se couche…
Alors, la nuit, vêtus d’une ombre plus farouche,
Ils rendent à leurs pieds les coteaux plus tremblants.
Et quand du fond du ciel la filiale aurore
S’avance, d’un premier rayon pur et sonore
Elle va, comme on fait aux vieillards qu’on honore,
           Baiser d’abord leurs cheveux blancs.

Ils sont l’élan puissant et profond de la terre.
L’azur les glorifie, et leur splendeur austère
Exalte les chanteurs aux beaux fronts inspirés.
Leurs pensers sont de grands éclairs sur les abîmes ;
La force des torrents gronde en leurs voix sublimes ;
Et c’est le même vent vertigineux des cimes
           Qui souffle dans leurs chants sacrés.

L’arc de Diane sonne aux forêts du Taygète.
Sur le Parnasse en fleur, Apollon Musagète
Fait chanter l’archet d’or dans l’air de cristal bleu.
L’Olympe craque au bruit de l’immortelle joie ;