Page:Samain - Œuvres, t2, 1921.djvu/239

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Le Fleuve


Sous l’être universel, vois l’éternel Symbole.
Victor HUGO.


 
Conçu dans l’ombre aux flancs augustes de la terre,
Le fleuve prend sa vie aux sources du mystère.
Il est le fils des monts déserts et des glaciers ;
Et les vieux rocs pensifs, farouches nourriciers
Du limpide cristal distillé par la voûte,
Dans l’ombre, de longs jours l’abreuvent goutte à goutte,
L’écoutent gazouiller dans son lit de cailloux,
Si faible encore, avec un murmure très doux,
Et suivent, attendris, ses limpides manèges
Parmi la radieuse innocence des neiges.