Page:Samain - Œuvres, t2, 1921.djvu/283

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Nyza chante


 
La famille nombreuse, et par les dieux comblée,
Tout autour de la table est encor rassemblée :
Elyone au long col, Lydie aux seins naissants,
Nyza dont la voix triste a de si purs accents,
Myrte agile et robuste, Ixène douce et blanche.
La mère aux lourds bandeaux sur les petits se penche ;
Myrte rit aux éclats ; Ixène jette un cri ;
Et le père accoudé sur la table sourit…
Le jour fut accablant ; par la fenêtre ouverte
Un peu de brise vient de la route déserte ;
La campagne s’endort dans l’or des soirs d’été.
Et le mystère monte avec l’obscurité…
L’âme pensive au lent adieu de la lumière :
Chante, dit à Nyza la voix grave du père ;