Page:Sand – Le Lis du Japon, 1866.pdf/14

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LA MARQUISE.

Son atelier est fleuri et agréable. Il est dans l’aisance ?


MARCEL.

S’il ne payait pas religieusement les dettes de son père, il gagnerait de quoi vivre assez bien ; mais…


LA MARQUISE.

Mais il a de la délicatesse et il est gêné ? Ne prenez pas mes intérêts, monsieur Marcel, je vous le défends.


MARCEL.

Madame la marquise, soit dit sans l’offenser, est gênée aussi. Elle ne compte pas quand il s’agit de donner. Si elle voulait suivre les conseils de son humble procureur, elle songerait, — elle m’a déjà permis de le lui dire, — elle songerait sérieusement à convoler en secondes noces.


LA MARQUISE.

Je suis donc bien endettée, monsieur Marcel ?


MARCEL.

Assez pour n’être point en état de rebâtir ce pavillon, qui pourtant rapporte quelque chose. Madame la marquise devrait se mettre en situation de ne pas avoir ces petites préoccupations-là ! vraiment une personne de son rang, avec un si grand caractère…


LA MARQUISE.

Encore, monsieur Marcel ? Vous tenez, je le vois, à me faire faire un riche mariage.


MARCEL.

Il ne tiendrait qu’à vous, madame ; je sais un jeune homme…


LA MARQUISE.

Ah ! vous savez un jeune homme…


MARCEL.

Beau, bien fait, aimable et plein de cœur…


LA MARQUISE.

Eh ! mais c’est charmant d’être ainsi !