Page:Sand – Le Lis du Japon, 1866.pdf/8

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JULIEN.

Bien ! il commence donc à comprendre qu’un peintre de fleurs et un amateur de plantes rares peuvent se rendre service l’un à l’autre ? Dis donc, Marcel, il aurait pu commencer plus tôt, lui, si riche !


MARCEL.

Eh bien, il commence, il te donne sa pratique.


JULIEN.

Et te la donne-t-il aussi, à toi ?


MARCEL.

En partie. Une clientèle comme la sienne occupe plus d’un procureur ; mais enfin, il m’emploie.


JULIEN.

Eh bien, pourquoi n’hériterais-tu pas ?


MARCEL.

Moi ? Jamais ; je suis marié avec une bourgeoise.


JULIEN.

C’est donc sérieux, cette vanité de parvenu qui s’est logée dans sa cervelle ?


MARCEL.

Ça devient une manie, une idée fixe. Tu sais bien qu’il s’est brouillé avec toi parce que tu n’as pas voulu épouser certaine veuve…


JULIEN.

Cette grosse dame de campagne sur le retour ?


MARCEL.

Elle avait en poche quelques petits aïeux de robe, et ça flattait le richard ; mais j’avoue qu’elle était un peu passée fleur. À présent, il a une autre idée, qui est moins effrayante.


JULIEN.

Un autre projet de mariage pour moi ?