Page:Sand - Antonia.djvu/198

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On arrivait. Marcel fit arrêter, sauta à terre, et Julie entra en fiacre dans la cour de l’hôtel d’Ormonde, rue de Grenelle-Saint-Germain. C’était la propriété de la douairière d’Ormonde, mariée en secondes noces avec le marquis d’Estrelle, lequel avait dès lors habité avec elle la maison du premier mari.

La douairière était fort riche, sa maison avait un grand air de froideur cérémoniale, peu de valets, peu de dépense, une splendeur glacée, immobile. L’hôtel se composait de plusieurs corps de logis, et les appartements des maîtres étaient situés dans une arrière-cour plantée et fermée d’une grille où Julie dut sonner et attendre ; mais, certaine d’être reçue et sachant que Marcel était à pied pour s’en retourner à moins qu’elle ne lui renvoyât vite le fiacre, elle congédia le cocher, au moment où elle vit qu’on se disposait à lui ouvrir.

Au lieu d’ouvrir, le suisse entra en pourparlers étranges : M. le marquis ne pouvait recevoir par la raison qu’il était mort. Les prêtres étaient venus pour les sacrements et pour la veillée : madame la marquise était enfermée avec eux et le défunt. Elle ne donnait audience à personne en de tels moments, Julie insista vainement en qualité d’alliée au degré le plus proche. Le suisse, la laissant dehors par une préoccupation vraie ou fausse, alla aux informations, et revint dire qu’il était interdit à aucune personne de la maison de pénétrer jusqu’à madame.

Comme ces négociations avaient duré assez long-