Page:Sand - Antonia.djvu/43

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— Tu comptes donc la revoir souvent ? aller chez elle peut-être ?

— La rencontrer au jardin, c’est indubitable ; aller chez elle, cela dépendra de la durée de son bon accueil.

— Elle a été aimable ?

— Fort aimable et naturelle.

— Elle a de l’esprit ?

— Je ne sais pas ; elle a, je crois, du bon sens.

— Aucune morgue de grande dame ?

— Elle ne m’en a pas montré.

— Est-elle jeune ?

— Mais oui.

— Et assez jolie, à ce qu’on dit ?

— Ah çà ! tu ne l’as donc jamais vue ?

— Si fait, mais de loin. Je ne me suis jamais trouvé près des fenêtres quand elle passait par notre allée.

— Tu sais pourtant qu’elle y passe tous les jours ?

— C’est toi qui me le disais. Tu me crois donc bien curieux de regarder les belles dames qui passent ? Je ne suis plus un écolier, ma petite maman, je suis un homme, et j’ai l’esprit mûri par les catastrophes.

— As-tu donc appris encore quelque chose de fâcheux chez Marcel ?

— Au contraire, l’oncle Antoine a répondu pour nous.

— Ah ! enfin ! et tu ne me le disais pas !

— Tu me parlais d’autre chose.