Page:Sand - Antonia.djvu/50

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assez grand garçon, toutes choses qui donnent bien des garanties à la solidité d’une cervelle d’homme, serais amoureux de cette comtesse, moi ! oh ! mais amoureux comme un fou, oui-da ! Je raconterai ça ce soir à madame ma femme, et je la ferai bien rire !

— Comment se fait-il, pensait madame d’Estrelle en ce moment, que je n’aie pas demandé à Thierry ce qu’il va m’importer de savoir ? J’y ai pensé, et puis je l’ai oublié. Il faut pourtant que je m’informe ! Si ce jeune Thierry demeure avec sa mère, il n’est pas convenable que mon jardin devienne son lieu de promenade… Après ça, ce n’est peut-être pas un jeune homme. M’a-t-on dit qu’il fût jeune ? Son père était fort vieux. M’a-t-on dit qu’il fût si vieux ? Je ne me souviens vraiment plus. Voyons, mes gens doivent savoir… Les laquais savent tout…

Elle sonna.

— Camille, dit-elle à sa femme de chambre, madame Thierry, qui demeure là-bas, dans le vieux pavillon, une très-digne personne, je le sais, a-t-elle des enfants ? Je lui ai parlé hier, mais je n’ai pas songé à le lui demander.

— Elle a un fils, répondit Camille.

— De quel âge, à peu près ?

— Sa figure dit vingt-cinq ans.

— Il est marié sans doute ?

— Non, madame.

— Où demeure-t-il ?

— Dans le pavillon, avec sa mère.