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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

J’ai regret d’avoir manqué votre précédente représentation, j’étais trop malade. J’ai chargé madame Decerf de me prendre vingt billets à votre loterie. J’y aurais coopéré par quelque ouvrage si j’avais eu plus de temps et de santé.

Votre mère m’a dit que toutes ces comédies vous fatiguaient beaucoup. Prenez garde, ne vous faites pas, comme moi, vieux avant le temps.

Bonsoir, mon camarade ; je vous embrasse de tout mon cœur. Avez-vous des nouvelles d’Alphonse ? personne ne m’en donne, ni lui non plus.


LXVI

À MADAME MAURICE DUPIN, À PARIS


Nohant, 31 mai 1831.


Ma chère maman,

Vous êtes triste. Vous allez encore vous trouver seule. C’est une chose difficile à arranger avec la liberté, que la société d’autrui. Vous aimez à être entourée, vous détestez la contrainte ; c’est tout comme moi. Comment concilier les volontés des autres avec la sienne propre ? Je ne sais. Peut-être faudrait-il fermer les yeux sur bien des petites choses, tolérer beaucoup d’imperfections à la nature humaine et se résigner à certaines contrariétés qui sont inévitables