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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND


LXXVI

AU MÊME


Paris, 6 novembre 1831.


Mon enfant,

J’ai été vraiment affligée de manquer le plaisir de vous embrasser. Je vous l’ai dit, je vous aime comme vous m’aimez, sans égoïsme, et je me réjouis du bonheur de votre mère et du vôtre. Une autre fois, nous serons à même de nous voir davantage ; mais nous n’en avons pas besoin pour compter l’un sur l’autre.

Il est très vrai que madame Bertrand m’a envoyé M. de Vasson la veille de mon départ, j’ai reçu d’elle une lettre qui s’efforçait d’être aimable. Elle me parlait d’abord de l’engagement pris d’aller passer trois mois à Laleuf, cet automne, engagement que je savais bien ne pas exister. Ensuite elle remettait sa cause entre mes mains et me parlait de son Alphonse, comme si mon Maurice ne m’intéressait pas davantage. Puis elle me disait qu’elle ne savait pas votre adresse à Nîmes, qu’elle ne voulait pas vous écrire avant de s’adresser à moi ; ce qui prouve tout simplement qu’elle l’eût fait si elle eût pu savoir votre adresse. Enfin elle daignait se rappeler que je lui avais offert ma place à la Chambre et me faisait des remercîments très gauches et très peu de saison. J’ai répondu en