Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 1.djvu/26

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
23
CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

cesse, il sait les noms de tout le monde et parle surtout du gros Totor. Il a trouvé ici de quoi se consoler de l’absence de sa poule favorite, qu’il se rappelle aussi à ce qu’il prétend.


IX

À MADAME MAURICE DUPIN, À PARIS


Nohant, 13 juillet 1826.


Ma chère maman,

J’ai reçu votre aimable lettre il y a quelque temps, et j’ai vu depuis M. Duvernet, qui m’a dit vous avoir trouvée bien portante, et avoir passé la journée avec vous et l’ami Pierret[1]. Il m’a beaucoup parlé de vous. Vous savez que c’est une de vos conquêtes les plus dévouées. Il m’a dit que vous viendriez sans la crainte de nous voir partir au premier moment et d’avoir fait un voyage inutile. Ce serait une crainte bien mal fondée ; car, outre que le plaisir d’être près de vous nous ôterait l’envie de courir, nous n’avons pas le moindre projet de voyage d’ici à bien longtemps.

Quand je dis nous, je parle de moi et de mon enfant ; car mon mari n’a pas fait vœu de réclusion. Il est à Bordeaux dans ce moment pour une affaire indispen-

  1. Pierret, ami de la famille.