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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

traîner un an, et un procès ne dure pas moins (c’est même court), il vaut mieux que tu reviennes ici. Mais qu’il réfléchisse que ces coups de tête-là sont une ruine pour moi ; que le premier effet d’un procès sera de me faire interdire par la direction le droit de faire jouer d’autres pièces avant la fin du procès, et qu’il peut y en avoir pour dix-huit mois et deux ans ; ce sera comme pour le Champi, dont nous n’entendrons plus parler avant 1852, et qui serait à nous si on n’avait pas cassé les vitres.

Ne le blesse pas, ne le tourmente pas pour le passé. Ce qui est fait est fait, et il ne faut pas revenir sur les faits accomplis ; mais, pour ce qui est à faire, on peut se préserver, et, encore une fois, je veux que la pièce soit jouée telle quelle, et qu’elle tombe, plutôt que d’être conquise au prix d’un procès.

Bonsoir, mon cher mignon ; je t’embrasse de toute mon âme.


CCCXXV

À JOSEPH MAZZINI, À LONDRES


Nohant, 22 janvier 1851.


Oui, mon ami, je la reçois avec reconnaissance et avec bonheur, cette chère bague dont je n’ai pas besoin pour penser à vous tous les jours de ma vie, mais