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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

et que vous écrirez au ministre ; vous le verrez aussi, à votre retour, n’est-ce pas, prince ? et j’apprendrai aux habitants de mon Berry qu’il faut vous aimer comme je vous aime, moi, avec un cœur qui a l’âge maternel, c’est-à-dire celui des meilleures affections.

GEORGE SAND.


CCCXLIII

AU PRINCE LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE,
PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE


Paris, 3 février 1852.


Prince,

Dans une entrevue où l’embarras et l’émotion m’ont rendue plus prolixe que je ne me l’étais imposé, j’ai obtenu de vous des paroles de bonté qu’on n’oublie pas. Vous avez bien voulu me dire : « Demandez-moi telle grâce particulière que vous voudrez. »

J’ai eu l’honneur de vous répondre que je n’étais autorisée par personne à vous implorer. Je n’avais vu personne à Paris, vous étiez ma première visite.

Je n’aurais pu que vous importuner d’un détail en insistant sur les arrestations opérées dans ma province, et dont les conséquences ne me paraissent pas graves, puisque aucun fait d’insurrection ne s’est produit là,