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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND


CCCLVII

À MAURICE SAND, À PARIS


Nohant, 14 septembre 1852.


Je t’envoie la lettre d’Hetzel d’aujourd’hui. Tu verras qu’il faut aller trouver Nanteuil au plus vite[1], si tu ne veux tomber dans le Gérard Séguin, qui me semble bien mou et peu mariable avec toi.

Tu verras les réflexions de ce bon Hetzel sur les journalistes. Il les craint comme un éditeur qu’il est. Il se trompe sur ce que je veux les empêcher de dire. Je désire, au contraire, qu’ils soient de plus en plus mauvais, lâches et méchants, qu’ils jettent le masque enfin devant le sang-froid et la dignité des gens qui sauront comme moi leur dire : « Vous voyez bien ce que vous faites et ce que vous dites ? Ça m’est égal, à moi ; mais je prends le public à témoin de la manière dont vous remplissez votre mandat. Je relève les injures que vous m’adressez, je les signale à l’appréciation de tous. Continuez, vous me ferez plaisir. »

Qu’ont-ils à dire ? des sottises toujours ? Tant mieux. Je suis d’un trop grand sang-froid sur ces choses-là, et trop inattaquable dans ma conscience et dans ma déli-

  1. Pour continuer l’illustration des œuvres complètes de George Sand, interrompue par la mort de Tony Johannot.