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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND


CCCLXIII

À MAURICE SAND, À PARIS


Nohant, 16 février 1853.


Mon cher enfant,

J’ai été bien malade pendant deux jours d’une affreuse migraine. Je vais bien aujourd’hui et j’ai été me promener jusqu’à Vic, où l’on retourne le terrain autour de l’église et où l’on trouve des tombeaux et des ossements comme si toutes les armées de César et autres Ostrogoths y avaient passé. J’ai fait apporter trois cercueils de pierre dans notre jardin, et, avec la permission du maire et du curé, j’ai mis trois ouvriers pour remuer un petit coin, où l’on n’a trouvé aujourd’hui que des débris déjà fouillés à je ne sais quelle époque. En fouillant plus bas, au-dessous de la couche de sarcophages, on trouve de la brique romaine, et des squelettes couchés avec ordre dans des cercueils de maçonnerie, la tête couverte seulement d’une pierre. Malheureusement, pour faire faire des fouilles avec soin, l’endroit n’est pas commode et nous n’avons trouvé ni monnaie ni bijoux.

Mais ces découvertes nous ont mis en goût de recherches, et, comme je me rappelle un endroit du jardin, sous les noyers, d’où j’ai vu extraire autrefois