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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

mence : je n’entends que les heures qui sonnent au Luxembourg et ta girouette qui se plaint comme un œuf.


CCLXXVI

AU MÊME


Paris, 21 avril 1848.


Ne t’inquiète pas. Tu ne m’as pas dit quelles raisons tu avais eues pour casser ton conseil, mais il aurait fallu commencer par là.

Quoi qu’il en soit, je te réponds que tu n’auras pas le dessous ; j’ai parlé de cela à Ledru-Rollin, qui m’a dit que probablement tu n’avais pas agi ainsi par caprice, que sans doute il y avait nécessité, et que tu devais être appuyé et soutenu. Je viens d’écrire à Fleury un peu ferme là-dessus ; ne te laisse pas émouvoir par les récriminations et les menaces.

Tout homme qui agit révolutionnairement en ce moment-ci, qu’il soit membre du gouvernement provisoire ou maire de Nohant-Vic, trouve la résistance, la réaction, la haine, la menace. Est-ce possible autrement, et aurions-nous grand mérite à être révolutionnaires si tout allait de soi-même, et si nous n’avions qu’à vouloir pour réussir ? Non, nous sommes, et nous serons peut-être toujours dans un combat obstiné.

Ai-je vécu autrement depuis que j’existe, et avons-