Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/89

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aimez votre mère ; voilà ce que je devais, ce que j’ai voulu vous dire avant de vous laisser parler.

Mon cher monsieur fut dit avec une si franche cordialité, que j’en fus particulièrement touché. La sensibilité, la bonté de cœur de cette jeune fille, étaient réelles et persuasives. Je serrai ses mains dans les miennes, en prenant part à sa douleur, en m’efforçant de la tranquilliser sur le compte de son père, en lui disant que l’amour filial faisait des miracles, et qu’elle ne devait pas douter de la Providence ; enfin je lui jurai de souscrire, si elle daignait m’agréer, à la condition qu’elle m’imposait.




VIII


Dès lors j’avais fait un grand pas.

— Tout ce que vous me dites là est bon et me paraît sincère, répondit-elle, et je vous dirai franchenment que, depuis ce matin, je suis résolue à me marier. C’est la première fois que j’en comprends la nécessité. Jusqu’à présent, je croyais qu’il valait mieux rester heureuse comme je l’étais que de courir des