Page:Sand - Lélia, édition Dupuy-Tenré, 1833, tome 2.djvu/297

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puissance ? ce qu’il y a de plus méprisable au monde. Eh quoi ! vous vous croyez grand parce que vous jeûnez pour ralentir l’ardeur de votre sang, parce que vous élevez entre vous et les séductions du monde des murailles de marbre et d’airain ; et quand vous vous êtes jeté vivant dans ce sépulcre, quand vous avez fermé sur vous des portes que votre main ne peut plus soulever, vous vous brisez les dents en silence, vous mordez la terre, vous blasphémez tout bas, et vous vous croyez saint, parce qu’un jour d’enthousiasme ou de poltronnerie vous a fait descendre dans le cachot. Si votre culte vous avait épuré, si votre zèle vous avait endurci, si votre courage vous avait grandi, vous pourriez retourner au monde, y répandre les bienfaits dont vous êtes riche, guérir les hommes et les consoler de leurs maux sans crainte d’être atteint par la contagion et désespéré par le spectacle de leurs angoisses. Vous pourriez, vous moine, aller trouver