Page:Sand - Lélia, édition Dupuy-Tenré, 1833, tome 2.djvu/366

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sur toi, je retrouverai le sens et la valeur des souffrances que j’accepte aujourd’hui sans les comprendre ; — j’aurais menti, Sténio, j’aurais mérité ton mépris, et ta colère n’aurait pu descendre assez bas pour flétrir mon hypocrisie.

Est-ce donc pour ma franchise et ma loyauté que tu as appelé sur moi les châtimens que Dieu réserve aux méchans ? Est-ce parce que j’ai confessé devant toi, sans rougeur et sans confusion, les infirmités de ma nature, que tu demandais à la foudre de me frapper, comme si j’avais abusé de ma puissance ?

J’avais rencontré sur ma route bien des ames sans foi qui m’avaient trompée. Mon oreille s’était fatiguée à écouter des promesses impuissantes ; plus généreuse et plus hardie, j’ai refusé ton affection que je ne pouvais récompenser. J’ai sacrifié à la sécurité de ton avenir les joies perfides et passagères de quelques journées ; je n’ai pas voulu engager un