Page:Sand - L Homme de neige vol 3.djvu/227

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qu’elle lui pose sur la tête. Attendez, elle cherche quelqu’un…

— Est-ce moi que tu cherches, Karine ? dit Christian à la voyante.

— Es-tu Adelstan, le bon iarl, répondit Karine. Eh bien, écoute et regarde : voilà qu’elle a cessé de souffrir, ta bien-aimée ! Elle est partie pour le pays des elfes. Le méchant iarl avait dit : « Elle mourra ici, » et elle y est morte ; mais il avait dit aussi : « Si un fils vient à naître, il mourra le premier. » Il avait compté sans Karine. Karine était là ; elle a reçu l’enfant, elle l’a sauvé, elle l’a donné aux fées du lac, et l’homme de neige n’a jamais su qu’il fût né. Et Karine n’a jamais rien dit, même dans la fièvre et dans la douleur ! À présent, elle parle, parce que le beffroi du château sonne la mort. Ne l’entendez-vous pas ?

— Serait-il vrai ? s’écria le major en ouvrant précipitamment la fenêtre : non, je n’entends rien. Elle rêve.

— S’il ne sonne pas, il ne tardera guère, répondit le danneman. Elle l’a déjà entendu ce matin, de notre montagne. Nous savions bien que cela ne se pouvait pas ; mais nous savions bien aussi qu’elle entendait d’avance, comme elle voit d’avance les choses qui doivent arriver.