Page:Sand - La Coupe, Lupo Liverani, Garnier, Le Contrebandier, La Rêverie à Paris, 1876.djvu/137

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concupiscence, — qui me tient ; hélas ! non, ne le crois pas, belle enfant. Tu me flatterais le museau de ta blanche main, que je la mordrais peut-être plutôt que de la baiser.


TISBEA.

Êtes-vous enragé ?


QUINTANA.

Non, car la rage ôte la faim et la soif, et moi je suis si affamé que quelque jour je me mangerai moi-même.


TISBEA.

J’entends : votre maître vous condamne à trop de jeûne ?


QUINTANA.

Et son vœu de pauvreté nous impose trop maigre chère. Aussi, si j’ôtais la bure qui me couvre, vous verriez le soleil et la lune à travers mes côtes, et si l’on me mettait une mèche… n’importe où, l’huile rance dont je suis abreuvé ferait de moi une lampe pour éclairer notre chapelle. Vous voyez bien que vous ne courez aucun risque auprès d’un homme exténué de macérations, et que mes sou-