Page:Sand - La Coupe, Lupo Liverani, Garnier, Le Contrebandier, La Rêverie à Paris, 1876.djvu/138

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pirs s’adressent moins à vos charmes qu’au panier que vous nous apportez.


TISBEA.

Je suis une grande sotte d’avoir oublié le pain et les fruits. Je n’apporte que des fleurs pour la madone.


QUINTANA.

Des fleurs ! toujours des fleurs ! Je mange tant d’herbes et de plantes que quelque jour on me verra, pour sûr, enfanter un printemps…


TISBEA, mettant ses fleurs à la madone.

Dites au saint ermite de prier pour que mon vœu s’accomplisse, et priez aussi ; je vous apporterai demain un fromage de ma chèvre.


QUINTANA.

Sainte Vierge, un fromage ! Ô madone du cèdre, madone du Vésuve ! entends mes humbles supplications, vois mes larmes, vois mon cœur contrit et mes os qui percent ma peau ! Prends pitié de moi, envoie-moi un fromage, un fromage blanc et lourd comme le marbre dont tu es faite, un rocher, un bloc, un cratère, un volcan de fromage !