Page:Sand - Laura - Voyages et impressions.djvu/17

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couleur qui, agrandies par l’imagination, composaient des sites alpestres, de profonds ravins, des montagnes grandioses, des glaciers, tout ce qui constitue un tableau imposant et sublime de la nature.

― Tout le monde a remarqué cela, dis-je à M. Hartz ; moi-même, cent fois j’ai comparé dans ma pensée le caillou que je ramassais sous mes pieds à la montagne qui se dressait au-dessus de ma tête, et j’ai trouvé que l’échantillon était une sorte de résumé de la masse ; mais, aujourd’hui, j’en suis plus frappé que les autres fois, et ces cristaux choisis que vous me montrez me donnent l’idée d’un monde fantastique où tout serait transparence et cristallisation. Ce ne serait point une confusion et un éblouissement vague comme je me l’imaginais en lisant ces contes de fées où l’on parcourt des palais de diamant. Je vois ici que la nature travaille mieux que les fées. Ces corps transparents sont groupés de manière à produire des ombres fines, des reflets suaves, et la fusion des nuances n’empêche pas la logique et l’harmonie de