Page:Sand - Laura - Voyages et impressions.djvu/20

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quelle patience je savais fureter la haie pour y surprendre les nids des grives et des linottes, s’était flatté de voir s’éveiller tôt ou tard en moi les instincts d’un sérieux amant de la nature ; mais, comme ensuite j’avais été, au collège, le plus habile en gymnastique quand il s’agissait d’escalader un mur et de prendre la clef des champs, mon oncle voulait me châtier un peu en me renfermant dans l’austère contemplation des ossements du globe, me faisant, du reste, envisager comme dédommagement futur l’étude des plantes et des animaux.

Qu’il y avait loin de ce monde mort où j’étais relégué aux délices sans but et sans nom de mon vagabondage ! Je passai plusieurs semaines assis dans un coin, morne comme les colonnes de basalte prismatique dont s’enorgueillissait le péristyle du monument, triste comme le banc d’huîtres fossiles sur lequel je voyais mes patrons jeter des regards d’attendrissement paternel.

Chaque jour, j’entendais les leçons, c’est-à-dire une suite de paroles qui ne m’offraient aucun sens et qui me revenaient en rêve comme des formules