Page:Sand - Laura - Voyages et impressions.djvu/221

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


— Ces pages sont, lui dis-je, pleines d’injures grossières ou de blâmes stupides contre Rousseau. Je les aï parcourues avec dégoût après avoir écrit moi-même quelques lignes sur la dernière page, et vous pouvez voir que j’ai effacé ces lignes, trouvant que mon hommage était sali par le contact de ces écritures. J’aurais dû même effacer mon nom : ce n’est point sur ce carnet malpropre qu’il faut s’inscrire dans la demeure de Rousseau.

— Voilà précisément, répondit M.***, l’incident qui me faisait sourire. J’admire votre enthousiasme pour M. Rousseau, mais je ne le partage pas.

— Je le sais de reste ; ne parlons pas de lui, voulez-vous ?

— Pourquoi donc ? Parlons-en avec bonne foi. Vous le jugez avec voire générosité plus qu’avec votre raison ; mais souffrez que ma générosité, à moi aussi, se redresse contre lui, et que je défende ma conviction des charmes de votre magicien. Vous me direz en vain qu’il est le plus éloquent