Page:Sand - Laura - Voyages et impressions.djvu/338

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rieuses arabesques, et les grands cerisiers sauvages tout en fleurs semaient de leur neige légère les petits méandres de l’eau courante.

Mais, au fait, que disait-il ce ruisseau jaseur, si gai, si pressé, si sémillant dans son lit de mousse et de cresson ? Il se souciait fort peu d’être écouté, lui, et il n’était point au pouvoir de sa nymphe jalouse de le faire taire un seul instant, eût-on récité à côté de lui les plus beaux discours. Il avait bien d’autres affaires} il tombait, tombait ; il courait, courait, mais surtout, et il me sembla que c’était là son affaire de prédilection, il parlait, parlait ; il ne déparlait pas.

— Bah ! me dit Lothario, qui était venu me rejoindre et qui me surprit aux écoutes, il résonne, il gazouille, il murmure, comme disent les romances ; mais il ne parle pas, va ! Tu peux donner carrière à ton imagination ; mais, moi, je te jure qu’il ne dit rien du tout.

Je n’osai point confier à Lothario l’apparition de la nymphe ; je craignais qu’il ne se moquât de moi. Il voyageait en naturaliste, et l’étude des