Page:Sand - Laura - Voyages et impressions.djvu/40

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vie. Je saisis très nettement le sens de la dernière phrase.

― Regarde donc où je t’ai conduit, disait-elle, et reconnais que j’ai ouvert tes yeux à la lumière du ciel.

Je commençai alors à voir et à comprendre en quel lieu surprenant je me trouvais. J’étais avec Laura au centre de la géode d’améthyste qui ornait la vitrine de la galerie minéralogique ; mais ce que jusqu’alors j’avais pris aveuglément et sur la foi d’autrui pour un bloc de silex creux, de la grosseur d’un melon coupé par la moitié et tapissé à l’intérieur de cristaux prismatiques de taille et de groupements irréguliers, était en réalité un cirque de hautes montagnes renfermant un immense bassin rempli de collines abruptes hérissées d’aiguilles de quartz violet, dont la plus petite eût pu dépasser encore en volume et en élévation le dôme de Saint-Pierre de Rome.

Je ne m’étonnai plus dès lors de la fatigue que j’avais éprouvée en gravissant une de ces aiguilles rocheuses au pas de course, et j’eus une grande