Page:Sand - Laura - Voyages et impressions.djvu/53

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tions souterraines. Je voyais des reflets de torche illuminant tout à coup les veines d’or courant dans les flancs du quartz couleur de rouille ; j’entendais les voix rauques des mineurs s’engouffrant dans les galeries du fer ou dans les salles du cuivre, et leurs lourdes masses d’acier s’abattant sans merci avec une rage brutale sur les plus ingénieux produits du travail mystérieux des siècles. Walter, conduisant cette horde avide et barbare, me faisait l’effet d’un chef de Vandales, et la fièvre courait dans mes veines, la peur glaçait mes membres ; je sentais les coups résonner dans mon crâne, et je cachais ma tête dans les coussins de mon lit en criant :

― Grâce ! grâce ! la pioche, l’horrible pioche !

Un jour, mon oncle Tungsténius, me voyant calme, voulut me convaincre aussi que mon voyage dans les rayonnantes régions du cristal n’était qu’un rêve.

― Si tu as vu toutes ces jolies choses, me dit-il en souriant, je t’en félicite. Cela pouvait être assez curieux, surtout les îles de turquoise, si elles pro-