Page:Sand - Narcisse, 1884.djvu/37

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


— Albany ! s’écria-t-il. Oui, d’après ce que vous aviez entendu auparavant… Et, d’ailleurs, c’est bien lui qui chante Fra Diavolo jeudi prochain. On en a fait l’annonce hier à la fin du spectacle. Albany donnant un rendez-vous… à qui, je vous le demande ? Et dans mon jardin !

— C’est peut-être, comme le prétendait le perruquier, à l’une de vos servantes.

— Ah bien, oui ! Elles ne savent pas lire ! Quant à la vieille Jeannette, ça ne tombe pas sous le sens !

— Certainement non ! Donc, c’est à quelque nonne du couvent voisin.

— Il le faut bien ! dit Narcisse en rougissant ; car ça ne peut pas être… Non, non, ça ne se peut pas !

Je remarquai son émotion.

— Ce ne peut pas être à mademoiselle d’Estorade ? repris-je d’un ton interrogatif.

Il leva les épaules en riant, et répondit avec une sorte d’insouciance :

— Oh ! celle-là, je le verrais, que je ne le croirais pas !

— Mais vous avez sur quelque autre femme un soupçon qui vous tourmente ?

— Ma foi, non ! Je n’ai jamais vu ces religieuses. Elles ne sortent pas. Est-ce dans la règle de leur ordre, ou d’après un vœu particulier, comme celui que s’est imposé mademoiselle d’Estorade, leur patronne ? Je n’en