Page:Sand - Narcisse, 1884.djvu/39

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— Oh ! nous mettrons ordre à cela ! Nous allons l’observer, et je me charge de l’y surprendre d’une manière qui ne lui sera pas agréable. Pour commencer, je vas examiner avec vous les êtres, et voir comment nous pourrons l’empêcher de prendre pied sur nos terres.

— Est-ce que vous n’aimeriez pas mieux le laisser tranquille quelques jours encore, l’observer sans en avoir l’air, et découvrir l’héroïne de l’intrigue ?

Narcisse rêva un instant.

— J’en suis curieux, répondit-il enfin. Et pourtant, peut-être aimerais-je mieux ne pas savoir !

Il rêva encore, et il ajouta :

— Je veux, je dois le savoir !

Il était évidemment tourmenté. Comme il avait éludé ma première question, je jugeai indiscret de la renouveler. Nous fîmes ensemble un tour de promenade au jardin ; Narcisse semblait avoir oublié ce sujet de préoccupation. Tout à coup il s’arrêta contre la petite palissade en me disant :

— Est-ce là ?

— Là, précisément, répondis-je.

— Et on est venu prendre le billet ? Vous avez peut-être mal cherché !

— Cherchez vous-même.

Il chercha et ne trouva rien.