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XXII

LE RÉALISME


La conversation tomba sur le Réalisme. Il nous sembla qu’il n’avait pas assez sa raison d’être. Le romantisme a, dans son temps, soutenu les mêmes assauts, et il était plus solide, parce qu’il entrait plus franchement dans une voie plus tranchée. On lui reprochait, à lui aussi, alors, d’être la hideuse réalité, la peinture dégoûtante du laid et la forme prétentieuse du trivial.

Il a mérité une partie de ces accusations, mais il a eu les reins très-forts pour faire accepter ses côtés sains et vigoureux. Le réalisme n’a pas encore fait ses preuves. Il promettait, je ne dis pas plus de talent, mais plus d’excentricités heureuses qu’il n’en a tenu. M. Champfleury, à l’entendre, allait rompre avec tout le passé et faire les choses d’une manière si nouvelle qu’on se battrait sur son œuvre.

Il n’en a pas été ainsi : M. Champfleury a plu à tout