Page:Sand - Questions d’art et de littérature, 1878.djvu/312

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nière de dire, pleine de jeunesse et d’abandon. Il m’a semblé que si à quelques égards il avait pu se tromper il n’en était pas rigoureusement responsable, n’ayant jamais formé le hardi dessein d’aller comprendre et juger la grande crise de la société américaine. Dans une de ses lettres plus intimes qui n’ont d’intérêt que pour moi, il me disait : a J’écris mon journal sans me préoccuper d’écrire. Je ne saurais me poser vis-à-vis de toi en esprit fort. Je ne suis qu’une paire d’yeux et une paire d’oreilles au service des réflexions que tu voudrais faire. »

Je crois que la question américaine est assez à jour maintenant, pour que tout lecteur soit à même de faire les réflexions que mon fils m’invitait à faire pour mon compte.

Quant à lui, une seule série d’observations a été enregistrée avec certitude, c’est celle des recherches et des rencontres entomologiques. Cette partie technique, j’ai conseillé de ne l’abréger ni dissimuler. Bien qu’elle ait été notée par mémoire, en vue d’une satisfaction toute personnelle, elle a sa valeur, à cause des localités, pour les naturalistes, et sera aisément passée parles personnes indifférentes à ce genre d’étude.

Quelque délicate que soit la situation d’une mère en pareille circonstance, j’avoue que je ne suis pas embarrassée dans ma modestie, parfaitement sincère et parfaitement partagée. Il suffira, je crois, d’ouvrir ce journal de voyage pour y reconnaître l’absence de toute prétention comme de toute contrainte. Aucun dogmatisme, aucune pose d’aspirant à l’effet, beaucoup de choses vues et senties sous forme d’interrogation naïve et sensée, une promptitude de coup d’œil so-