Page:Sand - Theatre complet 2.djvu/319

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REINE.

Mais je ne vous entends point !


NOËL.

Mon Dieu, Reine, ça n’est pas ma faute non plus ! Si j’avais connu vos sentiments plus tôt, avant de donner ma parole… je ne dis pas que… Mais, moi, je suis un honnête garçon, vous sentez !… J’ai bien été comme ça un peu… mais il faut que jeunesse se passe… et c’est pas une raison… quand une famille respectable… Elle en aurait tant de chagrin, la pauvre âme !… Elle est portée à la jalousie… Je ne peux pas trouver ça mauvais, et vous pensez bien… Voyons, faites-vous une raison, ça m’a coûté, l’idée du mariage, et il y en a bien d’autres comme vous qui m’en veulent ; mais, moi, je ne suis point de ceusse qui trompent. J’ai toujours dit : « Voulez-vous ? ne voulez-vous pas ? C’est oui ou non ; c’est pour un temps, c’est pas pour toujours ! » À présent, j’ai dit : « C’est pour toujours. » Alors, c’est pour toujours ! Vous comprenez ?


REINE.

Pas du tout ! (À Suzanne, qui, pendant cette scène, a écouté dans la maison, à la fenêtre qui fait face au public.) Ah ! Suzanne, je crois qu’il perd l’esprit, ton prétendu ! Est-ce que tu sais pourquoi il me fait toutes ces histoires-là ?


SUZANNE, de la fenêtre.

Oui, ma mignonne, et, moi, je vas te le dire. (À Noël.) C’est bon, Noël, vous avez bien parlé, mais vous êtes un grand imbécile.

Elle sort de la maison.

NOËL.

Moi ? Ah ! pour lorsse(Il veut parler à Suzanne, qui lui commande du geste de s’éloigner.) Quand c’est les femmes qui commandent…

Il va au hangar, où paraissent maître Valentin, Valentin et Pierre.