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LE TUTU

L’on parlait de la mort comme d’une chose quelconque. On parlait de la décomposition des corps, des vers qui les rongeaient, de la bouillie infecte qui culottait les cercueils lorsque les cadavres blettissaient. Et l’on choisissait le moment des repas pour converser de toutes ces choses.

Cependant, la nervosité de Mauri s’accentuait. Chaque matin, après avoir baisé Mani, il partait à Bourg-la-Reine. Les travaux étaient commencés. On creusait un tunnel dans sa terre de dix hectares. Les choses marchaient au triple galop. Comme il y avait trois fois trop d’ouvriers, les équipes se relevaient toutes les demi-heures. On éventrait le sol, on échaffaudait, on maçonnait, on posait des rails, on se décarcassait, on ne prenait pas le temps de manger. La dot de Hermine fut dévorée en huit jours. Pour ne pas interrompre les travaux, madame Israël dut abouler trois cent mille francs, puis deux cent mille francs, puis cent mille francs.