Page:Sapho - Le tutu, mœurs fin de siècle, 1891.djvu/188

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
179
MŒURS FIN DE SIÈCLE

Une simple piqûre fut pratiquée aux pouces.

— Promenez-vous un peu dans le jardin et ne partez pas avant que je ne me sois assuré de la réussite de l’opération.

Un jardin extraordinaire, celui du docteur Messé-Malou. Tout y était anormal. Il s’y trouvait des plantes transparentes à feuilles noires ; puis des rosiers qui produisaient des poires ; plus loin, c’était des arbustes infeuillus dont les racines poussaient en l’air. Un prunier fructifiait des spirales de papier ; sur des plants de fraisiers fleurissaient des roses vertes.

— Cela vous extasie, n’est-ce pas ? demanda le savant. Oh, vous n’avez pas encore tout vu. Venez avec moi ; vous allez visiter mes serres.

Et il prit les devants. Mauri remarqua qu’il avait les cheveux bleus et que sa tête était toute petite ; sans doute, la pensée la lui avait usée. Le docteur marchait allègrement, et