Page:Sapho - Le tutu, mœurs fin de siècle, 1891.djvu/209

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LE TUTU


dit : « En fabriquant un tube plus grand, et en remplaçant la dépêche par un chemin de fer, qu’adviendrait-il ? » Il en advint une révolution complète dans les moyens de transports terrestres. Un train parcourait trente kilomètres en une seconde, il n’avait besoin, pour cela, ni de locomotive, ni de combustible ; un seul compartiment, de deux ou trois cents mètres de long, suffisait ; les voyageurs s’y enfournaient, et aïe donc ! Le temps de s’asseoir, de respirer six fois et demie normalement et l’on était arrivé à destination. Au lieu de trente-quatre francs soixante-dix centimes que l’on payait habituellement pour avoir le droit d’être trimballé pendant dix-sept heures en troisième classe, de Paris à Lyon, on ne devait plus débourser que trente-cinq sous. L’aller et le retour durait une minute. Cinquante ou soixante mille Lyonnais — des employés, pour la plupart — qui possédaient à leur actif un répit déjeunatoire de quatre-vingt-dix minutes,