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LKS RACINES CONTENANT UN A HÉDIAL, EN GREC. 145

TTe-7TSY0-ir|V (Curtius, Verb. II 29). Au contraire è-jné-iuiÇKO-v est un plus-que-parfait (ibid. 23).

Même affaiblissement à l'aoriste du passif en -n (cf.p.44 i.n.): de cdTT è-aànn-v, de tûk è-TaKr|-v, de t^ôy T|aâYe-v. De ^âY, Ho- mère emploie à la fois âYTl et è dYr|.

A l'aoriste non-thématique (cf. p. 21, 138) a(T-|uevoç est à cFâb ce que x^-^evoç est à x^^-

Parfait. Aux principaux présents à voyelle longue cités ci- dessus correspondent les parfaits Xé-Xâô-a, Ké-Ka6-a, xé-TâK-a, 'é-âb-a (lié par le sens à àvbdvuj), cfé-cfr]TX-a, soit *cré-0"dTT-a. — Répondant à des présents de diverses formations qui contiennent une voyelle longue: |ue-|iir|K-ujç (juriKaoïiiai), ë-irrrix-a (7TTr|(T(Tuj), l-â^-a (ctYVum), Tré-TTTiY-a (tttiyvuihi) etc. — Répondant à des présents de diverses formations qui contiennent une voyelle brève: \é-\riK-a (XddKUj), eï- Xr|(p-a (Xa)iipdvuu), KÉKriqpe Hes. (KaTrOuj) et d'autres, comme Tréqpnva, qui se trouvent appartenir au genre de racines dont nous faisons abstraction provisoirement (v. p. 142). Le parf. Té-ôrif^'Ci n'a point de présent proprement dit.

Soit à Taoriste, soit ailleurs, les racines de tous les parfaits précités présentent quelque part un a bref. La longue au parfait singulier est normale, puisque cette formation veut la racine pleine. Mais nous avons I^, et la règle demande îg: on devrait trouver «XéXiwda» etc. de même que pour les racines finissant par I on attendrait «pé^iuKa, eoTujKa» etc. (p. 140). C'est là un des cas assez fréquents où le phonème Ig manque à l'appel et où il est difficile de décider comment au juste il a dû disparaître. Est-ce que, avant la contraction, ea s'est substitué k oa? Nous voyons de même la diphtongue ou, sur le point de périr, se faire remplacer par eu. Y a-t-il eu au contraire une réaction du présent sur le parfait postérieure à la contraction? On pourrait recourir à une troisième conjecture: la présence de ag à la première personne n'étant garantie par aucun fait décisif (p. 69), la flexion primitive a peut-être été: l®p. XéXâda, 3® p. *XéXujôe ; plus tard l'd se serait généralisé. Quoi qu'il en soit, nous possédons encore des vestiges de l'uu du parfait qui ne semblent point douteux: ce sont les formes doriques reôuJYMévoi' |Li€|Lieôu(J|Liévoi, rédaïKiar reduimuTai (Hes.) de daYUj^. L'ui s'est communiqué à l'aoriste dans diùHai et OuixOeiç (Ahrens H 182). Du reste, même

��1. Pour la signification v. Ahrens II 343. de Saussure, Oeuvres. 10

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