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r pas dénoncé Silvio Pellico, passa ouvrières de Russie, il en est qui ont déve.

pour n’avoir pas dénoncé Silvio Pellico, passa sept mois dans les prisons de Venise et put .gagner la Belgique ; il y apprit, deux ans après, sa condamnation à mort et la confiscation de ses biens. Après quelques voyages en Angleterre et en France, il se fixa à Bruxelles, où il ne put se faire naturaliser belge qu’en 1840. Plus tard, ses biens lui furent rendus ; il continua savie modeste, ses études économiques et fonda la Société d’économie politique belge. En 1860, à l’appel de Cavour, il rentra en Italie, devint sénateur du royaume et partagea la fin de sa vie entre Turin, Florence et Mantoue, sa retraite préférée. La Société d’économie politique de Florence l’avait élu son président, et l’Institut de France l’un de ses correspondants (1865). Deux grands principes ont dominé la vie de cet homme de bien, le « philantrophe », -comme l’appelle son ami Silvio Pellico la liberté du travail et le gouvernement représentatif, le libre échange et la monarchie constitutionnelle, et telle fut son autorité, a dit Joseph Garnier, qu’il servit « de lien sympathique entre les penseurs d’Angleterre, de .France, de Belgique et d’Italie ».

Outre une active collaboration au Journal des Economistes presque dès la fondation de ce recueil, et un fragment d’autobiographie intitulé Memorie della mia vita (traduit sous le titre D’une époque de ma vie (1820-22), il a laissé, dansl’ordre économique, les ouvrages suivants

Sur les colonies agricoles de la Belgique et de la Hollande, Bruxelles, 1830.— Considérations sur les principaux moyens d’améliorer le sort des classes ouvrières, 1839. Principes fondamentaux de l’économie politique de Nassau W. Senior, traduction italienne, Lugano. Sur la condition des laboureurs et des ouvriers belges, et de quelques mesures pour l’améliorer, 1845. Situation économique de la Belgique. 2e édition. Bruxelles, 1830-45).

Il a publié en italien 10 De quelques so-ciétés et institutions de bienfaisance de Londres. Lugano, 1828 et 1832, 2 vol. 2° une traduction des Éléments d’économie politique de Mill (Lugano). Seriti morali (Florence, 1870). E. R.

ARTELS. Nom que l’on donne en Russie à des associations [V. ASSOCIATION, COOPÉRATIVES (Sociétés)] constituées ordinairementpar des ouvriers pour l’exploitation des richesses naturelles du pays. Les unes exploitent, en commun, des mines ou des forêts ; d’autres se sont constituées, depuis le XIIe et le XIIIe siècle, parmi les gens des ports de mer, pour lapêche en commun. Il s’est formé même des corporations de concierges. Parmi les associations

ouvrières de Russie, il en est qui ont développé leur organisation au point de s’être constituées en sociétés de production et de consommation, calquées sur celles qui existent en Angleterre et en France.

Rien n’est plus simple que leur organisation. Elles nomment un chef, c’est souvent la personne qui avance les fonds. Celle-ci, dans ce cas, prend la moitié des bénéfices pour les risques et pour la rémunération de ses soins. Le chef est investi des pouvoirs nécessaires pour diriger les travaux comme il l’entend ; il a même le droit de sévir sur les membres qui ont commis une infraction aux règlements il peut infliger des punitions et des amendes. Les membres sont responsables vis-à-vis de la société.

LOUGUININE, Les artels et le mouvement coopératif en Russie. Paris, Guillaume, 1886.

ASSIGNATS. V. Papier Monnaie.

ASSISTANCE.

SOMMAIRE

1. Légitimité de l’assistance.

2. Charité privée et charité officielle.

3. Pratique de l’assistance ; règles à suivre dans l’application.

4. Organisation de l’assistance publique en France.

5. Organisation charitable à l’étranger

1. BELGIQUE.

2. ITALIE.

3. HOLLANDE.

4. GRANDE-BRETAGNE.

5. ALLEMAGNE.

1. Légitimité de l’assistance.

Toute société comprend deux classes d’individus, ceux qui par travail ou par hérédité détiennent une part plus ou moins forte de la richesse publique, et ceux, au contraire, qui en sont totalement dépourvus ; ces derniers à leur tour peuvent être plus ou moins bien partagés suivant qu’il leur est possible ou non de trouver dans l’emploi de leurs forces et de leur activité les ressources suffisantes pour satisfaire leurs besoins essentiels dans le premier cas, ils constituent la classe ouvrière, dans le second, ils forment la catégorie des indigents. L’indigence, qui n’est autre chose que le défaut d’équilibre entre les ressources et les besoins, dérive de causes très diverses le manque de travail, l’insuffisance des salaires, les charges de famille, pour n’en citer que quelques-unes. L’histoire nous apprend que, de tout temps, la loi morale et les prescriptions religieuses ont fait au riche un devoir de se dépouiller de son superflu en faveur du pauvre. Les


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