Page:Say - Chailley - Nouveau dictionnaire d’économie politique, tome 2.djvu/100

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qui ost à réformer en entier (V. Prêt hypothécaire), les frais considérables des procédures de toutes sortes et notamment de celles relatives aux réalisation de gages, un taux légal trop immobile et trop élevé, une vicieuse organisation des caisses d’épargne (voy. ce mot) et enfin la dilapidation de capitaux par certaines dépenses improductives d’administration, de travaux publics et de luxe privé.

Signalons en dernier lieu que des progrès peut-être plus considérables encore restent a faire dans l’organisation du crédit populaire et du crédit agricole (V. Crédit et Crébit agricole), deux problèmes qui cesseront de paraître insolubles en France quand on cherchera dans l’association libre le moyen de les résoudre.

Michel Lacombe.

Bibliographie.

Pltitabqdb, Il ne faut pas emprunter à usure. — Sadmaise, Ses quatre tmités de l’usure, en latin. — Dumouiin, Ses usures. — 1). Hume, Essai sur l’intérêt de l’argent (Petits bibliothèque économique, avec une préface de M. Léon Say, Guillaumin, éditeur). — PoiHiEa, Du prêt, du contrat de vente. — Tdhgot, Mémoire sur le prêt à intérêt, 1785. (Collection des principaux économistes, Guillaume éditeur). — G. Bkntham, Défense de l’usure, (Collection des principaux économistes). — Thoplong, Droit civil expliqué, t. XIV, du prêt, et notamment la préface très complète au point de vue historique et dans laquelle tous les auteurs ont puisé. — P. Lkboy-Bbauueu, Essai sur la répartition des richesses (Guillaumin éditeur). — Dictionnaire des finances, article Intérêt et notamment les chapitres relatifs à la législation française et étrangère (Bergcr-Levrault éditeur).

IRRIGATION.

SOMMAIRE

. Utilité des irrigations.

. Leur importance économique.

. Régime des irrigations.

Bibliographie.

. Utilité des irrigations.

Les irrigations sont des améliorations foncières d’une très grande importance et qui peuvent augmenter considérablement la valeur du sol agricole et celle des produits que Ton en retire. Elles paraissent avoir été pratiquées dès la plus haute antiquité : ■l’Egypte, l’Inde, la Chine, les ont connues bien avant notre civilisation. Elles ne supposent d’ailleurs que deux conditions : les soins donnés à la culture, l’observation de l’effet stimulant qu’exerce l’eau sur la végétation sous certains climats. Mais elles se distinguent cependant des arrosages simples : elles exigent en effet des travaux préparatoires de captage de l’eau et souvent aussi un aménagement particulier du sol. Déjà les Romains réglaient les irrigations à l’heure et nous savons par Platon que les Grecs s’occupaient aussi beaucoup du régime des eaux. Laissant de côté toutes les discussions qui pourraient être soulevées à l’occasion de l’histoire des irrigations, on peut affirmer que c’est l’Italie du xm e siècle qui a renouvelé cet art, par des travaux dignes encore aujourd’hui de notre admiration. « Quand on songe, dit M. Albert Hérisson, que le Naviglio Grande (premier grand canal italien construit en 1179) porte 52 mètres cubes, que l’endroit où se fait la dérivation du Tessin est à près de 50 mètres au-dessous de la plaine environnante, que la chute totale de ce point à Milan est de 33 mètres qu’il fallait répartir convenablement sur une longueur de 50 kilomètres, on peut s’étonner que les Milanais du xn c siècle aient eu l’audace d’entreprendre et le talent de mener à bien une œuvre aussi colossale. » Le canal de la Muzza, construit en 1223, et qui porte 74 mètres cubes, est resté jusqu’à ce siècle le plus grand ouvrage du monde entier en ce genre ; il n’est dépassé aujourd’hui que par un autre canal italien, le canal Gavour, construit en 1866, d’une portée de 110 mètres cubes. En France, le plus grand canal d’irrigation, celui des Alpines, n’a que la modeste portée de 16 mètres cubes.

L’un des plus anciens de nos canaux, sinon le plus ancien, est le petit canal de Saint-Julien (Vau cluse) qui porte 4 mètres cubes et embrasse un périmètre d’arrosage de 3300 hectares. Il parait remonter à 1171. C’est au séjour des papes à Avignon qu’il faut, en effet, faire remonter l’extension des irrigations en Provence et dans le Comtat et surtout les méthodes d’administration des irrigations collectives..

L’irrigation a d’autant plus d’utilité que le climat est plus chaud et plus sec, et que le sol est plus léger et perméable. Cela explique qu’elle ait une plus grande importance dans les pays méridionaux que dans les pays septentrionaux. Mais il y a plus, le comte de Gasparin a démontré, dans son Cours d’agriculture, que la quotité des produits que l’on obtient d’une terre dépend de deux facteurs, de l’eau et de la chaleur que les récoltes reçoivent pendant la période active la végétation. Cette formule a été heureusement complétée par l’éminent agronome Barrai. A ces deux éléments, eau et chaleur, il faut en ajouter un troisième, l’engrais que la plante doit trouver dans le sol. Il n’y a donc pas de bonne irrigation sans une fumure additionnelle qui vienne la compléter. Cette fumure peut d’ailleurs être incorporée au sol par l’eau même qui sert à l’irrigation : de là, l’utilisation de plus en.