Page:Schopenhauer - Le Fondement de la morale, trad. Burdeau, 1879.djvu/86

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ψυχαὶ ζώων, τὸ αὐτεξούσιον φέρουσιν οἰκεῖον τῇ τοῦ ζώου κατασκευῇ, καὶ ἐφ’ ᾧν μὲν εἶναι πολύνουν καὶ πολυκινητὸν, ὡς ἐπ’ ἀνθρώπου, ἐφ’ ᾧν δὲ ὀλιγοκινητὸν,καὶ μονοτρόπον, ὡς ἐπὶ τῶν ἄλλων σχέδον πάντων ζώων. Ἤρθησθαι δὲ τὸ αὐτεξούσιον τοῦτο ἀπὸ τῆς κατασκευῆς, κινούμενον μέν ἐξ αὐτοῦ, φερόμενον δὲ κατὰ τὰς ἐκ τῆς κατασκευῆς γεγνομένας προθυμίας. » (Voici, pour résumer, quelle me semble avoir été la pensée de Platon : les âmes, avant qu’elles soient tombées dans des corps, et entrées dans diverses vies, ont la liberté de choisir entre telle et telle existence, pour ensuite l’accomplir, en se conformant à tel ou tel genre de vie, et dans un corps à ce convenable (car une âme peut choisir de vivre en lion, comme de vivre en homme). Mais cette liberté, une fois l’âme tombée dans l’une de ces diverses vies, est enchaînée. Descendues dans des corps, et devenues, d’âmes indépendantes, âmes de vivants, elles ont le genre de liberté qui est propre à la nature du vivant qu’elles sont, les unes une liberté pleine d’idées et mobile en divers sens, ainsi chez l’homme, les autres une liberté peu mobile et toute tournée d’un seul côté, comme chez presque tous les autres animaux. Cette liberté dépend de l’organisation du vivant, elle se meut par elle-même, mais elle se dirige suivant les désirs qui naissent de l’organisation.)


§ XI. — La Morale de Fichte, prise comme miroir propre à grossir les défauts de la morale de Kant.


En anatomie et en zoologie il est bien des choses que l’étudiant ne voit pas aussi clairement en examinant les sujets préparés ou naturels, que dans les gravures, où les détails sont un peu exagérés. De même ici, si quelque lecteur, après la critique que j’ai exposée dans les paragraphes précédents, n’est pas encore bien éclairé sur le néant des bases de la morale selon Kant, je vais lui offrir, pour l’aider à reconnaitre ce point, la « Doctrine des mœurs réduite en système », de Fichte.