Page:Schwob - La Lampe de Psyché, 1906.djvu/237

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L’EXAUCÉE

Cice replia ses jambes dans son petit lit et tendit l’oreille contre le mur. La fenêtre était pâle. Le mur vibrait et semblait dormir avec une respiration étouffée. Le petit jupon blanc s’était gonflé sur la chaise, d’où deux bas pendaient ainsi que des jambes noires molles et vides. Une robe marquait mystérieusement le mur comme si elle avait voulu grimper jusqu’au plafond. Les planches du parquet criaient faiblement dans la nuit. Le pot à eau était pareil à un crapaud blanc, accroupi dans la cuvette et humant l’ombre.

— Je suis trop malheureuse, dit Cice. Et elle se mit à pleurer dans son drap. Le mur soupira plus fort ; mais les deux jambes noires restèrent