Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 2.djvu/369

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


BRADSHAW.

— Mistress Arden, vous allez paraître devant Dieu, — et je suis, de par la loi, condamné à mort — pour une lettre que j’ai apportée de la part de maître Greene. — Je vous le demande, mistress Arden, dites la vérité. — Étais-je, oui ou non, dans la confidence de votre projet ?


ALICE.

— Que puis-je dire ? Vous m’avez, en effet, apporté cette lettre ; — mais j’ose jurer que vous n’en connaissiez pas le contenu… — Cessez maintenant de me troubler avec les choses de ce monde, — et laissez-moi songer au Christ, mon sauveur, — dont le sang doit me laver du sang que j’ai versé.


MOSBY.

— Combien de temps vivrai-je donc dans cet enfer de souffrance ? — Enlevez-moi loin de cette prostituée.


ALICE.

— Prostituée ! ah ! sans toi, je ne l’eusse jamais été. — Quand les hommes ont occasion de nous parler d’amour, — que ne peuvent leurs serments et leurs protestations ! — J’étais trop jeune pour sonder ton infamie, — mais maintenant je la reconnais, et je me repens trop tard.


SUZANNE, à Mosby.

— Ah ! cher frère, pourquoi faut-il que je meure ? — Je n’ai rien su du crime avant qu’il fût commis.


MOSBY, à Suzanne.

— Je suis plus affligé pour toi que pour moi-même. — Qu’il te suffise de savoir que je ne puis te sauver désormais.


MICHEL, à Suzanne.

— Si votre frère et ma maîtresse — ne vous avaient pas promise à moi pour femme, — je n’aurais jamais donné mon consentement à cette horrible action.


LE MAIRE.

— Cessez maintenant de vous accuser les uns les autres,